Accueil
livre de bord 2012
livre de bord 2012
Accueil
livre de bord 2012
livre de bord 2012

Nouvelles du bord

2012

  

            St John's capitale de la région Terre-Neuve et Labrador (plus de 100 000 habitants), une des plus anciennes villes de l'Amérique du Nord (habitée depuis les années 1520), doit sont nom à Jean Cabot (de son vrai nom Giovanni Caboto, Gênois au service de la couronne d'Angleterre) qui aurait accosté dans ce havre un jour de la Saint-Jean-Baptiste en 1497. Le 5 août 1583 Sir Humphrey Gilbert y débarqua pour prendre possession de l'île de Terre-Neuve au nom de sa très Gracieuse Majesté la reine d'Angleterre Elisabeth the First.

            La ville, autrefois constituée essentiellement de bâtiments en bois, a subi plusieurs incendies qui ont ravagé des quartiers entiers. Après le dernier incendie en 1892 il a été décidé de tracer des rues plus larges pour limiter la propagation du feu d'un pâté de maisons à un autre. Sur les pentes abruptes surplombant le port les rues de la vieille ville s'échelonnent, bordées de maisons en bois, multicolores, élégantes et délicates. Il faut arpenter ces rues à pied malgré leurs pentes escarpées pour les apprécier. Le bord des quais, où presque tous les anciens entrepôts ont été détruits, est défiguré par des immeubles récents qui malheureusement masquent les hauteurs sur lesquelles la vieille ville est assise.


            















            Dans le centre ville, George street est célèbre pour ses bars et ses cafés dans lesquels non seulement se produisent des musiciens de jazz, de folklore et de rock mais où la bière canadienne coule à flots.

            Depuis le centre-ville un sentier raide mène à Signal Hill, colline qui domine la ville, ainsi dénommée car autrefois pour signaler l'arrivée d'un voilier à la population, des pavillons étaient hissés au haut d'un mât. C'est aussi de cette colline que Marconi put en 1901 capter le premier message transatlantique émis par onde radio, prélude au formidable essor des communications sans fil.


             19 août : Un coup de vent d'Est de 30 noeuds différe le départ de 48 heures. Le port de Saint Jean s'ouvre à l'Est par son étroit chenal et lors de coup de vent d'Est une forte houle y pénétre, les vagues brisant sur les quais situés face à l'entrée du goulet. Les deux malheureux pontons dévolus à la plaisance sont installés dans l'axe exact de cette ouverture. Il n'a pas fallu bien longtemps avant que la situation sur le ponton devienne délicate pour ne pas dire intenable. L'autorité portuaire, après négociation, nous accorde l'autorisation d'aller au fond du port (houle quasiment absente) nous mettre à couple de bateaux immobilisés (depuis longtemps) pour travaux. Quel bonheur que de ne plus être dans un bateau agité dans tous les sens accompagné de coups de rappels secs et brutaux sur les amarres.


            22 août : Escale à Bay de Verde logé dans une petite baie bien protégée sur une presqu'île après une navigation sans histoire. Petit port agréable mais hélas une usine de traitement des produits de la mer rejette sans vergogne dans l'enceinte du port tous ses déchets et il y règne une odeur pas très agréable. Ce port offre au plaisancier de passage électricité, eau, douches, lave-linge et sèche-linge le tout pour 15 $ CAN par jour quelle que soit la taille du bateau.

            Ce petit village fut fondé au XVII ème siècle par une communauté de Planters (colons fuyant les attaques françaises), un musée retrace cette histoire.

            A proximité de la presqu'île de Bay deVerde, à 3 milles marins dans le NE se trouve une réserve écologique qui englobe l'île de Bacacalieu. Des baleines, des dauphins de nombreux macareux moine de l'Atlantique et bien d'autres oiseaux y ont trouvé un sanctuire et s'approchent parfois bien près du bateau. L'attention doit redoubler pour éviter les colisions avec les baleines, certaines sont passées à moins de 100 m du bateau. Les baleines sont facilement repérables grâce à leur souffle et le mini-geyser qui apparaît brusquement à la surface de la mer; leur sillage reste visible assez longtemps pour suivre leur déplacement.    






















23 août : Catalina (600 habitants) un autre port pour petits bateaux 40 milles au Nord de Bay de Verde, dans un fjord profond abrité de tous les vents. Dans tous ces ports il y a un ou des quais publics et en général il y a de la place pour s'y amarrer. L'avantage du port c'est le côté pratique : l'annexe n'est point mise à l'eau et il'est bien plus facile de descendre à terre pour se rendre à l'épicerie (voire un petit supermarché) ou aller se promener. Une redevance doit être acquittée pour la place de port, dans la plupart des ports elle est rarement supérieure à 15 $ CAN, parfois c'est gratuit et si le Harbour Master est absent c'est aussi gratuit.        


23 août : Depuis le coup de vent sur St John's le temps est beau et sec. Absence de brume et de brouillard. Température entre 22°C et 26°C. Toujours un peu plus de Nord. Nous nous attardons beaucoup en route pour explorer et visister cette région. Bientôt le retour sur SPM va commencer et il y a la côte sud à explorer avec tous ses fjords et ses villages abandonnés. Après un temps aussi estival les dépressions vont commencer à montrer le bout du nez, c'est imparrable.

            Aujourd'hui escale à Bonavista au bout de la péninsule de Bonavista. La tradition affirme que Giovanni Caboto aurait débarqué en ce lieu en 1497, envoyé par les bourgeois de Bristol à la découverte de l'Atlantique du NW. Rentré en Angleterre il conta l'extraordinaire richesse poissonneuse de ces eaux. Ainsi se dévelloppa l'industrie de la pêche à la morue. Le poisson séché localement sur des claies, il en existe encore quelques-unes,  était expédié sur l'Europe.

            C'est toujours un agréable village de pêcheurs aux maisons colorées, même si l'activité de pêche s'est réduite comme peau de chagrin au cours des dernières décennies. Ce port fut utilisé aussi bien par les espagnols, les anglais, les français, les portugais durant XVI siècle. Puis la couronne d'Angleterre s'appropriant ces territoires seuls les anglais purent continuer à y pêcher.

            La capitainerie est installée dans un ancien hangard à bateau. Dans celui-ci  une réplique du navire de Giovanni Caboto : the Matthew (construite pour le 500 ème anniversaire de son arrivée à Bonavista) attend votre visite. Ne pas manquer de visiter l'Etablissement Ryan qui raconte l'histoire de 5 siècles de pêche sur cette côte de Terre-Neuve.

            Tout au bout de la péninsule, à la pointe du cap Bonavista balayé par un vent tempétueux, se dresse depuis 1870 un phare rayé rouge et blanc. Rénové, ouvert au public, ce petit musée raconte la vie de ses gardiens et bénéficie d'une exposition sur l'histoire des phares de Terre-Neuve. Du haut de la tour accessible par un raide escalier, par beau temps les falaises escarpées de ce littoral rocheux, battues par la houle du large se laissent entervoir. Avec un peu de chance des geysers crèveront la surface de l'océan et une queue de baleine émergera.
















31 août : retour à Saint John's après être restés bloqués quatre jours dans le port précédent pour cause de vent de face de 30 noeuds. Dans ces conditions attendre au port, que le vent daigne changer de direction, est appréciable et beaucoup plus confortable. Il n'y a pas que le vent. Les mers ici sont rapidement confuses et naviguer n'est pas toujours une partie de plaisir, même si le vent est modéré. Les reliefs tels que falaises, caps, vallées, génèrent localement des accélérations du vent avec facilement 10 voire 15 noeuds de plus que la vitesse du vent initial. Ne pas oublier d'en tenir compte sur le choix de la route.

            Un avis de premier gel sur la péninsule d'Avalon est prévu par la météo canadienne pour cette nuit.  L'hiver est déjà là ou tout au moins il s'annonce. Il y a aussi la tempête tropicale Leslie qui remonte vers le nord avec une trajectoire qui pourrait la faire passer sur les côtes atlantiques du Canada dans quelques jours.


3 septembre : Il fait très beau aujourd'hui, le ciel  d'un bleu intense est dégagé de tout nuage. Une délicieuse journée pour naviguer. Direction Port Kirwan à 42 nautiques dans le Sud. Petite communauté de pêcheurs (60 habitants) et un quai public installé à l'entrée d'un fjord à Admiral's Cove. Ce petit village porte le nom d'une religieuse d'origine Irlandaise qui après un passage par St John's vint fondé en septembre 1853, accompagnée par 4 autres religieuses, un couvent. Actuellement il ne reste rien de ce couvent mais une petite chapelle de bois a été construite il y a quelques années pour perpétuer le souvenir de cette religieuse qui était d'une grande piété et d'une grande douceur selon la tradition locale.

            Admiral's Cove est un havre bien protégé dans un cadre agréable. Le mauvais temps ne laisse que peu de répit. Deux jours pour attendre que le vent redevienne raisonnable et que la pluie cesse de tomber. Heureusement le East Coast Trail passe par Port Kirwan. Ce chemin de randonnée de 500 km, qui fait le tour de la péninsule d'Avalon, longe toute cette côte si belle. Depuis la hauteur des falaises le regard se perd sur la mer et l'horizon.


5 septembre : Appareillage tôt le matin,vent de NE, une petite barre à la sortie du fjord et la mer déplaisante sur quelques milles. La mer se calme assez vite. Le passage du Cap Race, tout au Sud de la péninsule d'Avalon, se fait dans de bonnes conditions. Ce cap entouré de haut fond devient rapidement impraticable par vent de secteur S plus particulièrement de SW car il s'oppose au courant du Labrador qui descend le long de la côte. Le vent de NE est lui accéléré le long des falaises depuis le Cap Ballard et dans certaines conditions il peut se renforcer jusqu'à 25 noeuds de plus que le vent qui règne au large. Dans ces conditions il faut déborder ce cap de 5 milles au moins. Cet après-midi le vent est de 15 noeuds, le renforcement net du vent ne sera que de 5 noeuds supplémentaires, la mer est peu agitée. A 18 heures accostage au quai de Trepassey, libre de tout bateau, sous un timide soleil.



 

L'escale est prévue pour 2 ou 3 jours. Non seulement les prévisions météo sont médiocres mais la menace de la tempête Leslie se précise. Où se mettre à l'abri? Pourquoi pas Saint Pierre. Mais il y a encore 120 milles avec un vent de SW à 20/25 noeuds et mer de 2 à 3 m pour l'instant. Une fenêtre météo potable est probable pour le samedi 8 septembre avec vent de NW. Mais à Trepassey, ville de 400 habitants, il n'y a pas beaucoup d'activité à part la possibilité de randonner sur des chemins caillouteux par un temps maussade. Le choix est restreint ou marcher ou se faire malmener par les flots. Donc attendre que le vent vire dans le bon sens et surveiller la trajectoire de Leslie attirée par Terre-Neuve.


8 Septembre : Ca y est le vent est au NW. 15/20 noeuds en matinée puis10 noeuds pour l'après-midi et la nuit avec mer prévue de 1 à 2 m. C'est décidé, direction Saint Pierre. Une traversée sans histoire, une nuit claire, étoilée, accompagée d'un dernier quartier de lune. Les nuits la fraîcheur s'accentue, c'est le retour des polaires, l'hiver approche à grand pas. Au petit matin réapparition des bancs de nuages qui masquent la lune mais ni brume ni brouillard et une belle baleine à moins de 100 m de Noème.


9 septembre : A 8 heures c'est le grand retour à Saint Pierre, il fait beau et chaud. Une fois amarré au quai et les formalités d'entrée achevées, il est temps de préparer Noème pour "affronter" Leslie dont la trajectoire avec de moins en moins d'incertitude passera sur la péninsule de Burin ou d'Avalon tôt en matinée mardi, soit dans deux jours.

 Toutes les voiles sont dégrées et rangées, le pont dégagé de tout ce qui pourrait s'envoler, les amarres doublées. Les deux défenses de réserve gonflées et installées. Il n'y a plus qu'à attendre Leslie. Des vents de 55 noeuds et rafales à 80 sont attendus sur Saint Pierre mardi, un peu plus dans l'Est sur la péninsule d'Avalon avec 65 noeuds et rafales bien sûr. Des pluies importantes seront de la partie car en plus Leslie va se combiner, se fusionner, avec un front humide arrivant du NO.


11 septembre : La dépression mesurait 800 km de large. Le vent a commencé à souffler au milieu de la nuit. Le centre de Leslie a touché terre sur le sud de la péninsule de Burin près de la ville de Fortune en passant d'abord sur SPM  à 08h30 HAT. 4 heures plus tard Leslie allait se diriger vers le nord-est pour envahir l'Atlantique. La tempête a occasionné des vents avec des rafales jusqu'à 140 km/h sur l'est de Terre-Neuve et des quantités de pluie variant jusqu'à 70 millimètres dans l'ouest et atteignant près de 100 millimètres le long des monts Long Range. De plus, on a observé des vagues dépassant 8 mètres le long de la côte sud. Pas de dégâts pour nous ni aux autres bateaux bien abrités dans le port de St Pierre, ni sur l'île.




















13 au 15 septembre : 3 jours de soleil radieux. On en profite pour refaire la cloison qui ferme le tube dans lequel glisse le bout-dehors et située dans la baille à mouillage. Lors d'une manoeuvre à Trepassey avec 25 kts de vent, la prou a heurté le quai et le bout-dehors a poussé cette petite cloison. Comme il fait beau autant profiter de la chaleur relative pour effectuer la réparation. Combinaison et masque pour un décapage avant d'appliquer résine et tissu de verre. Dans l'espace confiné de la baille à mouillage, ce type d'activité n'est pas agréable du tout, cela ne prendra qu'une demi-journée. Un peu de chauffage ensuite pour terminer le travail. Un petit coup de ponçage le lendemain. Et une cloison comme neuve. Heureusement qu'à bord sont stockés de la résine et du tissu de verre car à SPM il serait difficile de trouver ce type de matériau ou peut-être que si  mais à prix prohibitif.

            Ces belles journées fraîches annoncent l'automne. Mais il fait si beau que ce serait dommage de ne pas parcourir l'île à pied. Si sa superficie est réduite, de nombreux sentiers la sillonnent. Grimper jusqu'au Trépied le sommet de l'île qui culmine à 207 m. Par beau temps les côtes de Terre-Neuve se profilent à l'horizon. Arriver à l'Anse à Pierre, face à la baie des Voiles Blanches et contempler les rivages de l'Anglade.

16 septembre : Déjeuner en ville chez Brigitte et Alain Menu. Constructeurs amateurs, ils ont quitté la France en 1991 et arrivés à SPM ils s'y sont installés pour la scolarité de leurs enfants. Ils étaient adhérents comme nous à la même association l'Unite Amateur Atlantique, devenue depuis Acana. Leur maison, tout en bois à l'intérieur, est chaleureuse et a une vue splendide sur l'entrée du port. Ils nous montreront ensuite sur la cartographie tous les bons mouillages des fjords de la côte sud de Terre-Neuve. En fin d'après-midi le retour c'est fait sous une pluie battante avec 35 knt de SW dans la nuit.

Séchoir à poissons

Maison de pêcheur, sa barque et son séchoir à poissons