Svalbard été 2010
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SPITZBERG ETE 2010

            Le 13 juillet remontée vers Magdalenefjord toujours plus nord. Une cinquantaine de milles sous un soleil presque tropical, la température grimpe à 13°C. Fjord de 5 milles de long, la baie de Magdalenefjord entourée de hautes montagnes aux pics acérés, de glaciers embrumés, est une anse bien protégé de toute beauté. L’ancre descend dans 8 mètres d’eau turquoise sur fond de sable. Un autre voilier est ancré, c’est le voilier polonais déjà croisé devant la ville de Pyramiden. Oies bernaches et sternes arctiques sont tranquillement installées sur la plage. Au petit matin un drame va se jouer sur la plage ; une famille de renard entreprend une razzia sur les nids de sternes et boulotte un nombre considérable d’œufs. Les attaques en piqué des sternes seront inefficaces devant la voracité de la famille renard qui se gardera bien d’aller faire de même avec les oies bernaches, ces dernières étant beaucoup plus grosses qu’un renard arctique adulte.


            Une fois de plus, après une escale aussi plaisante, c’est à regrets que l’ancre est relevée et que Noème gagne la sortie du fjord. Double regret puisque c’est aussi le début de la descente vers le sud.

            

            La latitude de 79°33’555 ‘’ nord ne sera pas dépassée.


            La sortie de Magdalenefjord en milieu de journée du 14 juillet se fait au moteur, pas un souffle ne ride la surface, le soleil brille majestueux, des nappes de brouillard recouvrent les glaciers, le spectacle qu’offre ce cadre naturel est grandiose. Mais au loin, vers la sortie du fjord, une barre compacte de nuages noirs obstrue l’horizon et en-dessous la mer semble agitée. La progression continue toujours au moteur, sans vent et sous un ciel d’un bleu immaculé. Il est étonnant de voir la mer clapoter ainsi. Sous la ligne nuageuse il doit y avoir du vent. L’avancée au moteur se poursuit grand-voile haute et absence de vent, les nuages se rapprochent, instantanément l’anémomètre grimpe de 0 à 25 nœuds en moins de 10 secondes, la mer bouillonne. Décidément dans ces régions nordiques les conditions de navigation se modifient très brutalement. Rester attentif est indispensable pour ne pas se laisser surprendre par ces bourrasques de vent quasi imprévisibles, l’observation du ciel reste le meilleur moyen de se préparer à ces sautes d’humeurs de la météo.


            Pour changer un long bord de près en direction de l’île Prins Karl Forland qui défile sur tribord dans la pluie, le brouillard et le froid. L’ancre est mouillée à presque quatre heures du matin dans la baie de Brucebukta, sur la côte ouest au tiers sud de l’île. Lîle est classée parc national pour la protection des morses, des otaries et des phoques. Au matin le temps est redevenu calme. Des morses enchevêtrés reposent sur cette la plage de sable étendue, parfois un mouvement lent accompagné de grognement agite l’un d’entre eux. Un second groupe s’approche et tourne autour de Noème entre surprise et perplexité. Impressionnants avec leur face aux moustaches fournies, leurs grandes défenses et leur corps épais et allongés. Finalement lassés de tourner autour de la coque ils s’éloignent pour rejoindre le reste de la colonie qui paresse sur la plage.


            




















A la mi-journée départ pour Barentsburg, une ville russe, à une trentaine de milles sur la côte de Grønfjord, un fjord qui ouvre dans Isfjorden. Le vent alterne avec des périodes de calmes. Arrivé devant Barentsburg au largue et en compagnie d'un solide clapot. De loin une  cheminée gigantesque rejette dans l’atmosphère un épais panache de fumée noirâtre qui salit le ciel. Les quais sont délabrés, le peu que l’on aperçoit de la ville ne paraît pas engageant, les docks sont encombrés de grues et de bâtiments qui ne sont pas de la première jeunesse. Un immense escalier en bois grimpe vers les hauts de la ville.  Un remorqueur tout rouillé est à quai, il ne semble pas y avoir beaucoup de postes d’amarrage possible. Un visage apparaît à un hublot de la timonerie et fait signe de la main d’aller un peu plus loin. Effectivement, en retrait, un petit ponton est là tout seul, accroché de bric et de broc dans un renfoncement du quai, secoué par le clapot. Voilà Noème amarré en « terre Russe » au Spitzberg.

            

            Le ponton danse la gigue sous l’effet des vagues levées par un vent frais. Pour se hisser sur le quai il y a une échelle de bois, vétuste, attachée par une ficelle effilochée à un bout de ferraille qui sort du béton détérioré, appuyée ou suspendue en l’air au gré des mouvements  du ponton. Grimper va se révéler un vrai jeu d’équilibriste. S’appuyer sur le premier barreau en souhaitant qu’il ne rompt pas, se hausser au niveau du quai pour débarquer quasiment à quatre pattes dans un champ de poussière de charbon et de suie est un sport original. Une impression d’abandon et de désolation règne sur le débarcadère teinté de noir. Grues immobiles, enfilade de hangars délabrés et vides aux portes de guingois,  revêtement goudronné aux innombrables nids de poule et pas âmes qui vivent alentours. A quelques mètres de là, au pied de la capitainerie fermée mais ornée d’un merveilleux téléphone des années 1930 près de la porte d’entrée, l’escalier monumental aperçu au loin lors de notre arrivée déroule ses 283 marches vers la ville.


            

            Dans cette petite ville de 600 habitants, le charbon est toujours exploité. Les 350 000 tonnes/an de la production sont visiblement difficiles à écouler au vu de  l’énormité des stocks accumulés sur les quais. Au centre de la ville trône encore un buste de Lénine. Des peintures murales, à la gloire de l’ouvrier héroïque et triomphant, ornent les rues. A l’écart une chapelle orthodoxe en bois, érigée en 1996 à la mémoire des victimes d’un accident d’avion et à la mémoire des 23 mineurs disparus à la suite d’une formidable explosion dans un boyau de la mine, se dresse fièrement comme hostile aux anciennes valeurs de l’ex-URSS. La plupart des immeubles décrépits, à la peinture passée ou écaillée, sont envahis par des colonies de fulmars qui profitent de la moindre saillie pour nidifier. Tout va à l’abandon, sauf un bâtiment qui étonnamment, est en pleine rénovation!

             Pour assurer leur approvisionnement en légumes frais les habitants cultivent des produits comme la tomate et les oignons. Quelques vaches paissent encore dans les  rares prairies.


            Le musée Pomor, intéressant pour ses collections géologiques, retrace l’histoire des relations commerciales avec la Russie, l'histoire des mines et enfin celle du Svalbard, le tout en langue russe non sous-titrée. Au bar du Barentsburg Hôtel, seul hôtel de la ville ouvert aux visiteurs étrangers, une collection de bouteilles de vodka, de vin blanc et de bière russe permet de s’humecter le gosier à prix raisonnable. Le caviar peut s’acheter lui aussi à prix raisonnable.


            Après cette promenade dans un autre monde, d’une autre époque retour au bateau. La descente de l’échelle sera tout aussi scabreuse que l’a été la montée. Le vent ne s’est pas calmé et le ponton fort secoué va rendre le mouillage inconfortable.

            

            A 5 heures du matin, exaspéré des mouvements désordonnés qu’il subit, l’équipage s’habille en hâte, largue les amarres et quitte au plus vite le quai. Pour sortir du fjord le vent pousse fort, la situation est beaucoup plus confortable après ces heures de shaker passeées au ponton. Direction Borebukta pour y prendre un mouillage, au pied d'un glacier, sous un ciel s'assombrissant. Mais voilà que le vent monte de plus en plus, la voilure est réduite. Le vent se renforce sévèrement aux abords du fjord. Accéléré sur le flanc de la montagne le vent n’en finit pas d’enfler. Sous trinquette seule, approcher du mouillage devient difficile. La configuration de la montagne et de la petite baie où souffle maintenant 35 noeuds sont incompatibles avec un mouillage en sécurité, celui-ci va être intenable. Ce n’est donc pas cette fois-ci que nous mouillerons au pied du glacier Nanenbreen. Un coup de barre à babord, virement et retraversée d’Isfjorden. Borebukta s’éloigne, le vent  diminue mais il reste suffisamment tonique pour propulser Noème prestement vers Longyearbyen où juste une brise légère caresse la mer. Quel diable de région.


            Visite de Longyearbyen et des environs jusqu’au départ de notre équipage le 19 juillet sous une pluie battante à 4 heures du matin. Il devrait garder un bon souvenir de ce séjour malgré quelques épisodes musclés. Le retour est envisagé pour nous aussi. Encore quelques jours et nous mettrons cap au sud.


            Une fenêtre météorologique se dessine et paraît convenir pour envisager la traversée vers Tromsø. Une dépression doit passer sur le nord de la Norvège avec 35/40 nœuds de vent le jeudi et le vendredi. Pour une traversée de 4 jours, elle devrait s'être évacuée vers l'est à notre arrivée sur zone. Mercredi en début d’après-midi départ. Mais petit souci la mise en route du téléphone satellitaire est impossible. Nos rendez-vous météo, programmés avec notre ex-équipier Guy pour les informations météo du parcours, seront eux-aussi impossibles. De plus dans cette zone la réception des messages météo au Navtex est inexistante. Bien ennuyeux de ne pas avoir d'informations précises dans cette région où le temps est capricieux et extrêmement changeant. Malgré tout le départ est confirmé.


            Descente d’Isfjord et de la côte ouest dégagée de toute glace sous voiles et soleil. Au niveau de Sorkapp, pointe sud du Spitzberg, réception d'un bulletin météo au navtex. La dépression au sud remonte plus au nord que prévue et surtout elle se creuse à 970 HPA avec des vents de force 11. Par prudence un demi-tour est effectué pour rejoindre le fjord de Horsund et passer la nuit au mouillage à Gashamna. La mer risque d'être agitée si nous passons trop tôt, laissons lui le temps de se calmer. Noème ancré, une multitude d'oiseaux et d'oisillons l’entourent. Le mouillage, de toute beauté, est si tranquille que seul le crépitement des blocs de glace à la dérive crève le silence. Les oiseaux eux-mêmes sont étrangement silencieux.


            Après une nuit paisible, au petit matin le mouillage est remonté dans un brouillard et un silence intenses. Vent absent pour l’instant. Moteur, pas d'autre solution. Au fil de la journée le vent va augmenter en intensité pour atteindre 20/25 nœuds de sud-ouest. Tout va bien à bord, navigation au près bon plein. La route a été infléchie pour passer près de l'île aux Ours afin de pouvoir contacter le centre radio et leur demander un bulletin météo à mi-parcours. Le 24 juillet, en milieu de journée, la station radio contactée annonce pour les 24 heures suivantes pluie et vent de sud-ouest force 5/6. La mer dans la nuit devient de plus en plus agitée et croisée, résultat de la grosse dépression passée la veille au soir. Un peu remué, Noème trace, imperturbable, sa route sous pilote. L'intérêt d'un bon pilote est primordial dans ces régions ; en équipage réduit barrer dans le froid, le vent et la pluie durant de longues heures serait pénible.


            Dimanche matin 25 juillet, un bateau de pêche, le "Andenes Fisk" est contacté par radio VHF et très gentiment nous fournit les prévisions météo pour les prochaines 36 heures. Vent d'ouest virant nord-est  force 3/4. Enfin un peu de portant. Malheureusement le vent va faiblir de plus en plus pour s'envoler avant de toucher le continent. La fin du chemin, à destination de Tromsø, s'achèvera pratiquement qu’avec l'aide du moteur. Le 26 juillet, retour à la case départ après une navigation d'un mois sous les hautes latitudes nordiques.


Pour cette année le Spitzberg c'est bien fini. Le voyage lui n'est pas achevé. Il faut trouver un lieu d'hivernage pour Noème, probablement en  Ecosse.


  

SPITZBERG ETE 2010

La descente de la côte norvégienne sous la pluie et par vents contraires, associés au courant côtier norvégien qui remonte en permanence le littoral en direction du nord, contrariera la progression vers le sud. C'est à partir de Florø que la distance de traversée est la plus courte pour rejoindre les îles Shetland, 190 milles nautiques. Maintenant que les jours raccourcissent et que le retour d'une période nocturne annonce l'automne, quelques rares éclaircies offriront des levers et couchers de soleil tout à fait remarquables.


Le 29juillet départ de Trømsø, escale à Bodø, puis Sandnessjøen le 2 août à 2 heures du matin. Brønnøysund le 2 en fin d’après-midi. Le lendemain Rørvik. Le 4 août Uthaug. Puis Bud à 22h30 le 5 dans la nuit. Måløy le 6. Enfin Florø le 7 au soir et là, surprise, le port est archibondé. Une multitude de vieux gréements a envahi tous les quais du port. Aucune place de libre, pas le moindre petit espace. Noème en trouvera une au pied d’un hôtel, le long du quai en bois de celui-ci. Impossible de demander l’autorisation d’apponter, l’hôtel est fermé. Tant pis, on verra demain matin. Au réveil le lendemain, non seulement il ya du beau temps mais règne sur la terre de Norvège une activité comme nous n’en n’avons jamais vu. Une foule inhabituelle, joyeuse et gaie, a envahi les rues et se presse devant les stands des marchands ambulants et de restauration rapide affairés et installés le long des trottoirs et des quais.  Un défilé de voitures antiques a toutes les difficultés à avancer au son d’une fanfare au milieu de la foule.


 Florø accueille ce week-end le patrimoine maritime de la Norvège. Une grande manifestation populaire. Quelques vieux gréements mais surtout d'anciens bateaux à passagers, de travail, des morutiers du vingtième siècle, et des canots divers, s’entassent dans le port. Impossible de trouver une place où loger Noème, nous ne pouvons rester à un amarrage privé. Non seulement il y a les bateaux exposés mais le nombre de vedettes à moteur et autres voiliers venus pour assister et participer à la fête est impensable. Tous  les pontons et tous les quais sont saturés. Une demi-place, sur un bout de catway, libérée par un voilier belge qui lui part pour Bergen, procure un mouillage d'attente avant le départ pour les Shetland dans l’après-midi.


Vent de sud-est 20/25 nœuds annoncé pour la nuit. La sortie des chenaux sous petite brise et mer belle est agréable. Aux alentours de 18 heures ça forcit, le vent tourne à l’ouest sud-ouest et l’anémomètre nous informe que le vent souffle 30/35 nœuds. Au navtex un message de la météorologie norvégienne annonce un changement, coup de vent de 30/35 nœuds de sud-ouest pour la nuit. En bordure de côte, la présence de hauts-fonds va rapidement faire grossir la mer. Noème progresse difficilement au près sur une mer qui déferle méchamment. Au bout de quelques heures de ce régime, à 22 heures, demi-tour. A 4 heures du matin Noème, heureux (mais l'équipage aussi), se retrouve au ponton à Florø. La plupart des voiliers sont repartis et les places ne manquent pas.


Quatre jours pour que le temps redevienne maniable. Cette fois-ci un vent de 20 nœuds de secteur nord à nord-est  est annoncé, il le restera. Après une nuit paisible au près bon plein entre les plateformes pétrolières, arrivée à Lerwick le 13 août dans l’après-midi sous la pluie. Deux nuits au port puis Fair Isle, île perdue dans la mer du nord, entre les Shetland et les Orcades, mais un port-abri confortable au cœur d’un relief agressif et de nuées d’oiseaux. Escales ensuite à Whitehall sur l’île de Stronsay, Balfour sur l’île de Shapinsay et Kirkwall sur Mainland l’île principale des Orcades.


Le 19 août en soirée Wick et relâche de trois jours pour laisser passer deux dépressions. Le long des berges de la rivière Wick un chemin de randonnée parcourt la campagne environnante. Dans le centre-ville, le "Wick Heritage Center" expose des photos, de nombreux objets de pêche et de la vie domestique dans leur cadre quotidien de la fin du dix-neuvième et du début du vingtième siècle. C'était l'époque où 1120 bâtiments de pêche basés à Wick pêchaient 15 millions de poissons par saison. Les équipages, quant à eux, harassés par un tel labeur, ingurgitaient 3000 litres de whisky dans la semaine. Whisky distillé par la locale Old Putney Distillerie, toujours en activité à ce jour.

            Le dernier soir de l'escale, sur la place du marché, l'académie de musique  accompagne, aux sons des cornemuses, de jeunes danseuses sous une fine petite pluie typiquement écossaise.

            Au petit matin du troisième jour  nous voguons vers Lossiemouth sur la côte nord de l'Ecosse dans le Moray Firth.


22 août


            Lossiemouth, ville balnéaire aux deux vastes plages de sable blanc la plus nord du Royaume Uni, située à l'embouchure de la rivière Lossie, dispose d'un port de plaisance qui abritera Noème pour son hivernage. Après trois mois à naviguer par des mers pas toujours accueillantes, des temps froids et pluvieux pour atteindre 80° nord de latitude, la saison  de  navigation s'achève dans ces régions nordiques. La navigation reste possible à l'écoute régulière de la météo pour passer entre les dépressions qui se succèdent de plus en plus rapidement. Depuis 15 jours il est rare que le vent souffle à moins de 20/25 nœuds, la pluie est quasi journalière, parfois entrecoupée d'éclaircies ensoleillées.


            Le port de pêche très actif au début des années 1960 comptait 90 bateaux de pêche à la seine et au chalut, un chantier de construction navale et une forte activité d'entretien du matériel et des chalutiers. Aujourd'hui seuls deux bateaux ont encore  une activité à la mer. Les voiliers ont remplacé, sur des pontons, l'ensemble de la flottille de pêche dans ce port construit sur la mer avec deux bassins étroits disposés à 90 degrés l'un de l'autre, bassins dans lesquels les manœuvres deviennent vite hasardeuses en cas de rencontre fortuite avec un autre usager du port.


Pas facile de nettoyer le bateau, de remettre en état quelques bricoles, vider la cambuse et les divers rangements, dégréer les voiles et les ranger car il pleut pratiquement sans discontinuer. Les dépressions se suivent. La dernière a persisté 72 heures avec 40 nœuds de nord-ouest accompagnée de rafales à 50 nœuds. Une petite accalmie de 24 heures puis, à nouveau, une pluie fine. Demain un 7, toujours de nord-ouest, mais Noème est hiverné et le 19 septembre nous regagnons la maison.


            Retour de l'équipage prévu début avril 2011. Pour la prochaine croisière rien n'est encore déterminé. Soit de Lossiemouth vers l'Islande en croisant les Féroé avec retour par les Hébrides, la côte ouest écossaise, l'ouest de l'Irlande avant de regagner le sud-ouest de la France, soit un tour complet du Spitzberg. Décision prise au cours de l'hiver.